La croisière du Popeye Club

Les aventures du Popeye Club dans les iles
  • Tu vas ou cet été ? – Aux Baléares je pense – Tu pars quand ? – Ma foi je ne sais pas trop entre le 15 et 20 mai. Enfin suivant la météo évidemment. Nous aussi nous partons vers ces dates, on peut peut-être partir ensemble ?. Ben… oui pourquoi pas.
  • Voila comment est né Le Popeye Club; un jeudi lors des réunions hebdomadaires de l’APAC. Nota : le nom a été donné bien plus tard au cours d’une soirée philosophique.

Voici une des nombreuses raisons d’adhérer et faire connaissance avec des personnes qui partagent la même passion et de lier des amitiés. Ainsi 5 bateaux : Mataen, Kairos, Wampu, Wayana et Arawak sont partis ensembles pour une croisière aux Baléares. Trois chroniqueuses de talent étaient là pour assurer chacune à leur manière le reportage de cette balade en groupe. Commençons par le récit de Martine du bateau Mataen.

La croisière vue par Martine

Après quelques « réunions stratégiques et hautement constructives » nous avons décidés de faire une croisière, destination les Baléares

Et nous voici à 5 bateaux partis le 21 mai pour une aventure basée sur une navigation plutôt cool au gré des vents en privilégiant les mouillages. Avec échanges d expériences de navigation. 

Départ du Cap d’Agde direction l’Espagne. 

1er mouillage à la cala Garbet juste au dessus de llianca après 9h30 de navigation avec vent fort et rafales jusqu’à 26 noeuds. 

Le 22 mai direction la cala Montgo. Belle navigation avec le passage du cap Creus tout en douceur. Magnifique ! 

Nous nous posons 3 jours. Que du bonheur ! Escapade à l Escala avec déjeuner typique et prix extra mini. Suggestion de notre ami Jerome et barbecue sur la plage. 

Le 25 mai, nous levons l’ancre. Changement de temps,nous devons nous mettre à l abri. Direction Palamos. Navigation super. Tellement rapide que l’équipage a faillit raté l’ entrée du port !!!

Nous sommes restés 2 jours pour attendre un vent favorable à notre grande traversée vers les Baléares. Nous en avons profité pour découvrir la ville, dîner dans un restaurant où…aucun touriste ne se serait arrêté mais quelle cuisine ! Génial et un quizz apéro hyper sympa. 

Le 27 mai, LA traversée pour Majorque, 26h de navigation et content d’ arriver à Soller pour se reposer. Ce sera le cas pour seulement 1 équipage puisqu’ il a été au port. Les 4 autres au mouillage, ont passé une très mauvaise nuit donc décision collégiale, on lève l’encre et direction une cala plus abritée. 

Destination la cala Bianca. Navigation houleuse. Mais arrivés avant la nuit donc tout s’est bien passé. Magnifique site ! Nous avons vu des biquettes venues brouter sur les rochers juste devant nous. Belle balade escarpée pour aller à Antrax. Et dîner sur la plage. Spécialité de Jérome et Danièle. Délicieux ! 

Le 1er juin , traversée pour Ibiza. Destination Pou Des Lléo. Navigation sympa un peu de voile et un peu de moteur. Nous avons croisé des dauphins, une tortue et des thons. 

Magnifique cala très pittoresque avec ses cabanes de pêcheurs et sa paillote sur la plage. Et là on ressort les muscles pour pagayer jusqu’ à la plage (en tout cas pour certains équipages…). Balade,pique-nique sur la plage, baignade (eau un peu fraîche). Quel bonheur ! On y reste 2 jours. 

Ensuite 4 calas successives , Portinax, Xarraca, Benirras et san Miguel où nous sommes restés 1 journée. Peu de miles entre chacune, nous avons pu profiter pour se détendre à terre. Des petits coins de paradis, eau turquoise propice à la baignade, aussi beau côté mer que côté terre. 

Pour des raisons personnelles, notre équipage quitte la flottille et rentre tranquillement vers le Cap d’Agde. 

Je passe la main à mon amie Hélène…

La croisière vue par Hélène de Wanpu

DIMANCHE 9 JUIN 2019 : MATAEN quitte le mouillage de Béniras au petit matin pour remonter tranquillement vers Majorque, avant de regagner le Cap d’Agde comme prévu. KAIROS a pris le large vers Palma puis Cabrera. La flottille se réduit à 3 voiliers dorénavant, avec, comme un fait exprès, des noms à consonance et écriture amérindiennes : ARAWAK / WAYANA / WAMPÚ….. on pourrait les jouer au Scrabble  7 A / 3 W / 1 Y / 1 K …..Sans conteste…. Un trio gagnant ! On décide de quitter Cala Béniras pour un mouillage à Cala Bassa, pointe W de la baie de Sant Antony de Portmany. Cette cala abrite, sur toute sa longueur, le CBbc, CALA BASSA beachwear club, destiné à une clientèle friquée, avec bars, restos, endroits de repos, lits King size, salons de massage, boutiques de luxe, bateaux-taxis. Nous sur nos voiliers, on apprécie notre luxe à nous. Alors, on s’y installe 2 nuits, et chaque fin de journée, hop …on part en annexe pour siroter una jarra de cerveza (50 cl) pour les plus aguerris. Et ils sont légion !! Auparavant, on a marché jusqu’aux bords des falaises de cette baie magnifique : L’îlot central, Cornillera, domine par sa beauté. Les vieux pins tortueux dessinent des sculptures improbables. Un enchantement ! Le soir, Fran6, JP et Jérôme regardent le GP de F1 du Canada et Danièle, Pascale et Hélène jouent au Scrabble… sollicitation différente des neurones. On ne va pas changer la nature des choses…hahaha !!

LUNDI 10 JUIN 2019 : notre 2ème nuit à CALA BASSA, hyper calme, mais le vent se lève dès 12 h le lendemain / 18-20 nds puis 21-25 nds à 13 h. Pointe à 27 nds enregistrée par WAYANA.  Mais avant de quitter cette belle cala, comme d’habitude, la petite marche à l’aplomb des falaises ocres va nous dédouaner des apéros coutumiers de la soirée …

Le MARDI 11 JUIN, coup de vent annoncé : on décide de filer sur Sant’ Antony de Portmany, au port, pour pause nettoyage bateaux et équipages. Avec insistance auprès de la capitainerie, ARAWAK et WAMPÚ trouvent de la place, tandis que WAYANA mouille non loin de nous. On arpente les ruelles typiques où la jeunesse ibicenca déambule en quête de rencontres. Les très jeunes filles arborent des tenues très très légères et affriolantes. Limite racoleuses. Le tout créant une ambiance interlope. Belle soirée en perspective, pour commencer dans une taverne style Irlandais, où on a peine à commander des cervezas muy frescas car toutes les serveuses, d’origine anglo-saxones, très jeunes, refusent de parler l’espagnol….et nous snobent mais on arrive à nos fins bien sûr ! Ensuite petit resto avec parillada de viandes diverses et pour clôturer la journée, une virée dans un pub bien animé par un karaoké endiablé….et nous voilà sur le dancing flor nous trémoussant, bien entourés par les jeunes du pub et plus si affinités. L’ambiance est hot ! Ça déménage !! Je ne citerais pas de noms… les photos parlent d’elles-mêmes. Nuit réparatrice au port où après quelques emplettes et lessives.

MERCREDI 12 JUIN CALA SA CAIXOTA : La baie est magnifique. On ancre en milieu d’après-midi sous un temps gris polaire. Chaque équipage reste sur son voilier. Nuit très calme pour un repos mérité.

JEUDI 13 JUIN : Journée ensoleillée. Farniente ou marche ou kayak selon les envies de chacun. Tout baigne. Le vent est toujours fort et les rafales ne manquent pas. Et cette fois encore…..apéro sur WAYANA… discussion dans tous les sens…sur tous les sujets….en priorité la MTO pardi ! Mais aussi la religion, les voitures et tout le temps, les bonnes blagues de Francis et Jean-Pierre qui excellent sur ce thème.

VENDREDI 14 JUIN. Après une nuit bien agitée par un vent très fort et rafales régulières, ARAWAK et WAMPÚ décident de rester en place tandis que WAYANA se dirige et mouille à Talamana à l’est d’Eivissa. Milieu de matinée

 SAMEDI 15 JUIN, on quitte CAIXOTA sur une mer bien agitée pour continuer vers Eivissa, et rejoindre WAYANA à Talamanca. 1er mouillage et 2eme mouillage très sportifs pour WAMPÚ . La houle omniprésente nous fait déguerpir et dans la précipitation, WAMPÚ embarque un casier….l’hélice est emberlificotée par le bout du casier…on regagne le mouillage…..JP revêt sa tenue de plongeur pour dépatouiller tout le bin’s….hourrah  ! Et, nous voila repartis pour Talamanca, où l’on retrouve WAYANA….et « houle ma poule » !! Le soir, c’est champagne sur WAMPÚ avec foie gras, et guacamole délicieux de Pascale, avec 20 nds toujours dans l’abri de Talamanca. Rien ne nous résiste.

Samedi visite d’Ibiza / resto daurade et rosé de l’île  (pour Wampú) et retour fin de journée après avoir visité la citadelle, les boutiques et marché 12 bons km, les pieds surchauffés à l’arrivée.

DIMANCHE 16 JUIN : direction FORMENTERA. On mouillera au Nord de l’île Tramuntana. Et juste pour rire…au moment d ’hisser la GV de Wampú, la drisse de GV est prise dans la barre de flèche du haut, mais la courte distance à parcourir nous permet de naviguer tranquilles avec génois seul pour régler le problème dès l’arrivée ! Il fait pas vraiment chaud et toute la baie est envahie par voiliers, yachts, et autres embarcations de toutes sortes. Et ça brasse encore et encore. Comme c’est dimanche, on espère que tout ce beau monde aura regagné la terre ferme pour nous laisser passer une douce et bonne nuit…Petit apéro avec ARAWAK/WAMPU sur les beaux rochers blancs qui bordent une plage aux eaux transparentes bleu- turquoise…sauf que les Wampú ont oublié leur sac sur le bateau avec rosé et tapas.  Moment de sérénité absolue, avec un soleil couchant prometteur d’une douce et CALME  nuit… Et oui ! Fran6 nous fait constater que les « calmettes » * ont fini leur va-et-vient !!   (*les « navettes » pour les non alcoolisés) Fin de l’apéro sur WAMPÚ où l’on se régale de Pimientos del Padrón, et de discussions tous azimuts bien sympas.

LUNDI 17 JUIN / 12 kms à pieds…jusqu’aux Salinas et leur port tout au bout de l’île….ça use, ça use . Mais au fait, on était pas partis en voilier ? C’est justement là les atouts des mouillages. Navigation et visites des beautés alentours. On ne s’en lasse pas. Dîner sur la plage pour certains et repos pour d’autres. Le choix du roi ! La lune est pleine ce soir. On assiste de part et d’autres au superbe coucher de soleil et au lever de la lune presque simultanément. On a une chance inouïe ! (Texte à rédiger car j’étais absente : Repas sur la plage avec 2 invités du Cata voisin et fin de soirée sur le Cata) Nuit hyper calme favorisant de doux rêves et un repos absolu.

MARDI 18 JUIN ….C’est Daniele qui fait l’APPEL proposant d’aller visiter la tour située sur le haut de la falaise Ouest de l’île Espalmador. Arrivés au sommet, vue à 360°, beaucoup de bateaux sur la somptueuse Méditerranée, baies grandioses, mouettes jacassant fort et 3 randonneurs chevronnés : Daniele, pieds nus et appareil photos en joug, suivie de Jérôme et Hélène toujours d’attaque aussi. Pascale marche en solitaire jusqu’aux Salines, et revient sac à dos rempli de victuailles, tandis que Fran6 et Jean-Pierre jouent aux mécanos et réparent avec brio le moteur de l’annexe WAMPÚ. Milieu d’aprèm, petite partie de Scrabble pour les popey’s girls. C’est Pascale la championne, comme d’habitude. Il n’y a pas de doute, Il faut que je m’entraîne pour la dégommer rapidement cette petite…. JP le sportif acharné, part sur la plage en kayak, et Jérôme écoute de la zik, toujours cool et souriant, et le lot de conclusion pour rire. …… Mince, et Fran6 alors ? Faudrait p’tet pas l’oublier!  Sérieux comme il est, on le connaît, il travaillait sur le site de l’APAC vindiou ! Joies simples, sans contraintes. Que du bonheur !

Demain MERCREDI 19 JUIN : mouillage prévu à Sahona, à 5 milles de là.  Mais WAYANA décide de partir dès ce soir pour profiter de la grasse matinée. Et hop, toutes voiles dehors, on les voit s’éloigner. Mais le Fran6 aux yeux de lynx, aperçoit au large….. l’annexe de WAYANA. Avec Pascale, ils mettent les gaz et foncent en annexe récupérer celle de Jérôme et Danièle. Ils ne s’en étaient pas aperçus tout de suite mais on les voit quand même revenir au mouillage, inquiets. Fran6 et JP avaient tenté de la planquer au flanc d’Arawak, mais Jérôme l’a vite remarqué et l’affaire s’est terminée par un apéro sur Wampú avec entres autres, une excellente bouteille de Bordeaux offerte par Jérôme et Danièle.

JEUDI 20 JUIN : On file sur Sahona, où l’on ne fait que passer car la houle est encore une fois sévère. On file alors au mouillage du port de Las Savinas, plus tranquille. Sur le trajet, JP le spécialiste d’accrochage de casier s’en prend un, mais on sort vite d’affaire… Comme dirait Fran6, à croire que c’est Pascale, la « bout en train » toujours sur vhf pour plaisanter, qui parsème la mer de bouts, histoire de rigoler. Avec Daniele, Tupperware rien pour attendre…Elle aussi pardi, avait vu ce fameux casier ! Soirée resto local pour manger des sardines grillées, puis second resto plus hype, pour boire du rosé et pour Daniele…déguster 500 ml de glaces aux parfums variés. Rien ne l’arrête !

Nuit tranquille / matinée lessive / courses et sortie en scooter prévue pour les WAYANA sauf que Daniele, sans son permis de conduire, n’a pu en louer un. Elle a donc voulu prendre le bus, sauf que ni Jérôme ni elle n’avait d’euros sur eux… Quelle équipe !!! Pendant l’heure de lessive, JP et moi prenons un cappuccino au Café del Lago. Merveilleux endroit, décor fabuleux tout en harmonie de bois brut, d’objets liés à la mer et le lago hyper serein devant nous. Non loin, Sant Francesco Xavier est un charmant petit village à 4 kms de la baie des Savinas, aux maisons basses et blanches qui font penser à celles de l’île de Ré. Partis pour acheter du poisson entres autres, on revient bredouille car les boutiques n’ouvrent qu’à 17 h et on ne peut attendre. Apéro sur WAYANA, champagne ou pastis, mais surtout succulente tapenade et crème de thon au paprika réalisées par Danièle, la chef !

VENDREDI 21 JUIN ….. Pétole. On quitte le mouillage de Formentera vers 10 h pour Cala Llonga. Pas de vent annoncé mais JP décide d’envoyer le SPI tout neuf… premier envoi RÉUSSI !! Tout de suite, Voiles & Voiliers envoie sa photographe de renom, Pascale, pour immortaliser ce moment. On se retrouve tous les 3 voiliers à Cala Llonga au N de Cabo LLIBRELL. Charmant. On profite d’une belle journée avant le rituel des retrouvailles autour d’une sangria blanche, d’une caña muy fresca, ou d’un Coca-Cola zéro pour Laurine, notre charmante Lolotte, excellente en natation (pas comme moi) et son sempiternel Soprano (private joke hihi).

SAMEDI 22 JUIN. Temps maussade. Mais le soleil n’est pas loin et la journée promet d’être douce. Bien entendu, ce soir encore est prévu un briefing sur la plage … Décidément, rares sont les soirées sans réunion …. quelle galère cette croisière  WAYANA et WAMPÚ étudient la route du retour…. Demain 6 h du mat, on se dirigera  » vers Majorque. La fin de la croisière approche pour WAMPÚ. Avec beaucoup de regrets, je laisserais la « plume » à d’autres pour clôturer cette très belle odyssée en Méditerranée. A quand la prochaine ? Merci à ARAWAK, Pascale et Fran6, équipage de charme et de choc, qui nous a fait découvrir les meilleurs mouillages d’Ibiza, Formentera et Majorque. Et il en reste encore à découvrir sur ces magnifiques îles Baléares. Menorca la superbe, qu’on visitera une prochaine fois j’espère, car c’est ma préférée…. De 5 à 3 bateaux au finish, ce fut réussi, tant pour la navigation que pour les retrouvailles sur terre. Entente solidaire, ambiance chaleureuse. On est ensemble tout en étant seuls et on a qu’une envie maintenant c’est de recommencer.

VIVE LE POPEYE’ CLUB !!!  LN de WAMPÚ 23.06.2019

PS : on n’oubliera pas Iznogoud et ses « Califes » pour les GP de F1 à Monaco, au Canada, ou au Castellet. Le Père Mathiou et ses blagues maintes fois répétées…histoire de bien les raconter, le soir à la veillée et notre Miss Météo qui chaque jour faisait la pluie et le beau temps, (surtout le beau temps) comme dit la formule. 

NOTA de l’auteur : Toute ressemblance avec les personnages cités dans cet article serait pure coïncidence.

La croisière vue par Danièle de Wayana

Samedi soir 22 juin, Hélène a passé le flambeau et c’est à Wayana de relater les moments forts de cette croisière. Nous remonterons sur Majorque demain au petit jour profitant de peu de vent mais dans les jours qui suivent le vent sera encore plus rare et il ne nous reste qu’un petit mois pour longer la côte Est de Majorque puis découvrir Minorque avant de rentrer sur le Cap d’Agde.

Dimanche 23 juin, 4h20 du matin, cela va faire plus d’une heure qu’une petite houle d’Est est entrée dans la cala Llonga et que les bateaux dansent une java saccadée. J’ai préféré me lever pour admirer ce balai incessant, confortablement calée dans le cockpit, un thé citron bien chaud à la main. La lune encore haute dans le ciel, me fait de l’œil à l’aplomb de la falaise pendant qu’un voilier passe au loin. Ça ne tiendrait qu’à moi j’aurais levé l’ancre également mais tous semblent dormir profondément. Nous avons décidé « départ 6h » il faudra donc attendre. Alors je profite du spectacle. Il fait très doux,  l’air un peu moite. Au fond de la Cala  hôtels et appartements sont éclairés. Éparpillés, des petits points lumineux sur la falaise et dans les pins, attestent d’une ville endormie. Tout est calme et paisible, une douce brise venant du large me caresse la joue. J’entends le chant des vagues lancinantes s’échouer sur les bords de la falaise non loin de nous. Cinq voiliers sont ancrés dans la crique et leurs mats éclairés de leur feu de mouillage tanguent dans un rythme désordonné. C’est drôle,  Arawak et Wampù pourtant proches l’un de l’autre, ne dansent pas sur le même tempo. Ils ne doivent pas subir le même courant …. Parfois je m’imagine, non sans sourire, leurs occupants ballotés ainsi dans leur lit …. Il paraît que ça fait partie du jeu, mais même si partis depuis un mois je m’y habitue, même si les mouillages sont un choix que nous revendiquons, je n’aime pas la houle !  Surtout quand elle est de travers.

8h: Nous devions faire un cap au 53° mais la direction du vent nous force à prendre plus à tribord pour tenir un près. Une moyenne de 5,5 noeuds environ. Nous avons assisté à une spectaculaire remontée de Wampù sur Arawak qui nous a scotché! Et Jean-Pierre de rester très humble en expliquant simplement : « oui j’ai un petit peu réglé mes voiles …🤣 Il les avait tellement bien réglées que rapidement nous nous sommes non seulement retrouvés distancés mais éloignés parallèlement. Du coup, ni tenant plus, nous avons mis le moteur pour nous rapprocher du peloton  

Petite leçon du jour: lorsque le vent monte et que l’on gite de trop il est judicieux de prendre un ris et ainsi de soulager le voilier qui reprend de la vitesse.

9h:30 on vire de bord au 19, le vent a un peu moli et on est bien plus confort. De plus on est d’avantage dans notre cap (cala Ponsa)

16h: ça va faire plus de 3 h que nous sommes au moteur  

« Qui a vu la température de l’eau?!» 

Pascale, toujours à l’écoute de la mer et de son environnement, nous sort de notre torpeur…. 26.2 degrés…… le rêve ! Ça y est les choses sérieuses peuvent commencer!  A nous les masques et les tubas,  à nous les frites pour enfin pouvoir barboter sereinement dans l’eau…. à moins qu’il y ait des méduses 

18h: Nous voilà ancrés dans la cala de Santa Ponça. Une belle cala profonde, bordée d’immeubles blancs nichés dans les arbres. L’ensemble est harmonieux. De nombreux voiliers sont déjà sur site mais nous arrivons tous les trois à trouver une place. Ce soir il n’y aura pas « d’apéro réunion », ces 12h de nav’, dont la moitié au moteur,  nous ont un peu claqué. Nous restons donc  chacun sur nos voiliers à apprécier le calme qui règne ici. Demain matin nous irons visiter Palma. il y a un bus qui y mène en 3/4d’h, la ligne 102. 

Lundi 24 juin 8h: je prends mon petit dej’ confortablement allongée sur la banquette du cockpit et regarde le balais des bateaux qui glissent de droite à gauche de façon lancinante. Il doit faire 25 degrés avec une petite brise légère ! J’ADORE ! 

10h45: Francis a la gentillesse de nous amener en annexe avec Wampù jusqu’à la plage pour que nous puissions prendre notre bus. Nous arrivons à temps pour prendre ce dernier direction Palma de Majorque. Il y a énormément de gens dans les rues, des touristes mais aussi des Espagnols. En fait c’est un jour férié, la fête de la Saint Jean. Hier 23 juin c’était  le solstice d’été, date qui correspond au jour le plus long et la nuit la plus courte de l’année. Les habitants des Baléares se retrouvent sur les plages des différentes îles pour célébrer cette nuit avec des « feux de joie »….. et nous n’avons même pas fait attention à cette coutume ! 

La cathédrale de Majorque est vraiment magnifique, un édifice religieux grandiose… Tous les monuments historiques sont imposants ici et il n’y a jamais assez de recul pour pouvoir les prendre entièrement en photo ! Nous nous promenons dans les rues de la vieille ville et les rues commerçantes alentours jusque 16h où nous rentrons exténués. Francis et Pascale sont là pour nous récupérer en annexe. Ils sont restés bien tranquilles au mouillage à surveiller notre flotte les doigts de pieds en éventail  photo à l’appui !  De retour sur Wayana, un petit bain de mer à la jupe arrière du bateau car il a fait vraiment très chaud et une petite sieste avant 19h: heure de l’apéro quotidien ! Jean-Pierre et Hélène nous annoncent qu’ils nous quittent demain. Nous prenons donc un dernier repas tous ensemble. Repas très sympathique comme à chaque fois. Francis essaie de convaincre Jean-Pierre de rester encore un jour ….. il va peut être y arriver autour d’un dernier verre sur Wampù. Je ne les accompagne pas, je passe pour la rabat-joie…. j’assume. 

Mardi 25 juin , 10h17: La cala est très calme ce matin malgré l’heure tardive, le ciel est chargé de nuages mais la température est acceptable: 22 degrés. Alors que nous prenons tranquillement notre petit déjeuner dans le cockpit, le bruit d’une ancre qu’on remonte nous interpelle. Wampù quitte son mouillage, Jean-Pierre ne s’est pas laissé convaincre    hier soir  Il rejoint Soller aujourd’hui car il souhaite traverser sur l’Espagne mercredi.

La B.A. du jour  Alors que nous allons laver le linge à la capitainerie, un coup de fil de Pascale: elle demande de revenir les aider. Le Bavaria 34 qui avait dérivé hier alors qu’il était accroché à un corps mort, continue sa descente doucement mais sûrement droit sur Arawak ! Francis et Jérôme montent et rentrent dans le dit bateau afin de trouver une solution. Ils finissent par lâcher son ancre à la mer. En espérant que cette action soit suffisante. Francis nous explique que trop souvent des bateaux s’amarrent à des corps morts sans vérifier leur capacité à retenir le poids de leur bateau. Ce Francis m’épatera toujours, il a vraiment le regard aiguisé du marin !

23h45: Nous avons passé une délicieuse soirée avec Arawak autour d’une pizza maison sur notre bateau. Un moment de partage, calme et bienveillant, suspendu dans cette baie paisible de Santa Ponça. Ça fait du bien !

Mercredi 26 juin:le vent s’est levé au petit matin, un vent d’Est qui vient du fond de la baie. (Ça change d’hier où tout était si calme) Par contre c’est la première fois depuis notre départ qu’en me levant, j’ai cette sensation d’avoir trop chaud! Le thermomètre affiche 29°, ça me rappelle les Antilles. Jérôme a entrepris d’installer la boule noire de mouillage, beaucoup de voiliers l’affichent ici, nous ne l’avions pas sorti. Il fait tellement chaud aujourd’hui, même le vent est chaud. On s’est baigné 2 fois c’est dire …. Des nouvelles de Martine (Mataen), Luc est allé voir son médecin tout va bien, il doit continuer à beaucoup marcher. 

 Le Bavaria 36 a recommencé à dériver, j’ai envoyé un message sur le site que je pense être le leur: Senyatchs.com. J’espère qu’il sera pris en compte, ça fait mal au coeur d’imaginer qu’il pourrait s’échouer sur la digue.

Un dernier repas ce soir sur Arawak, nous les quittons demain pour continuer notre route. Eux ne savent pas trop ce qu’ils feront, ils parlent de rester encore quelques jours ici puis remonter sur le Cap à cause de  soucis familiaux à régler. Je ne suis pas mécontente de nous retrouver tout seuls car nous n’avons jamais navigué en solitaire et c’est une expérience qu’il m’importe de vivre. Nous remonterons donc tranquillement Majorque par l’Est sur 4 à 5 jours avant de traverser sur Minorque.

Jeudi 27 juin: Il est11h, nous venons de quitter Santa Ponsa après avoir refait le plein d’eau et de gasoil au petit port. Nous avons choisi un mouillage à l’Est et en bas de la baie de Palma, la cala Sa Torre. Nous longeons des falaises magnifiques d’abord à la voile au près mais une fois passé le dernier cap avant l’entrée de la baie de Palma, nous rallumons le moteur car nous nous retrouvons avec un petit vent de face.

15h30: Je ne vous dis pas la météo que nous avons eu au milieu de la baie de Palma ! Le vent est monté très rapidement force 4 puis 6 avec des rafales à 29,5 noeuds à plusieurs reprises ! Vu que j’étais à la barre je m’en suis rendue compte rapidement et j’ai tout de suite demandé à Jerôme de prendre le ris 2 dans la grand voile. Je suis contente car je n’ai pas eu peur et le bateau tenait très bien! Mais ce n’était pas la météo annoncée … 

En fin de compte nous avons posé l’ancre cala Vella juste à côté de celle prévue qui ne plaisait pas à Jerome, aucun bateau sur place et trop profond. De plus cette côte n’a pas de crique pour se protéger. Pour l’instant nous ne sommes pas totalement à l’abri dans ce mouillage mais ce soir ça se calmera….. normalement….. J’espère juste qu’il n’y aura pas trop de houle! En attendant nous avons une superbe vue et une eau cristalline  je vais aller faire un Plouff avant de déjeuner.

17h: nous passons enfin à table – côtelettes d’agneau grillées et ratatouille froide après un bain au milieu des poissons – moment féerique – et la mise en place de la canne  à pêche – Yes! déjà une petite prise –  ça sent vraiment les vacances  Le vent est tombé et 2 énorme catamarans remplis de touristes sont venus prendre possession de notre espace et déranger notre quiétude

20h: Je reviens d’un petit tour en paddle. Incroyable, je suis tombée sur une petite plage avec des ruines d’un pan de mur qui bordait la rive. Derrière ces restes de pan, un trio d’hommes nus en train de bronzer et  juste à côté une famille « textile » avec deux enfants en bas âge. Le père m’a expliqué en espagnol (Si j’ai bien compris) que ces murs de pierres étaient des vestiges du XVII siècle et qu’ils avaient servi à la construction de la cathédrale ainsi que des monuments historiques de Palma. Comme je ne voyais pas d’accès à cette plage,  il m’a montré un tout petit chemin escarpé dans la roche qui serpentait jusqu’à une sorte de parking bien plus haut. Un endroit bien préservé et connu de peu de monde. En continuant, toujours en paddle je me suis approchée d’une adorable petite « baignoire » bien protégée avec du sable et une eau transparente! J’ai regretté que Laurine ne soit pas venue avec moi.

Il n’y a plus que nous sur le site, nous serons donc seuls cette nuit.

Vendredi 28 juin : Encore une superbe nuit toute étoilée, très peu de houle (en fait c’était les paquebots qui passaient au loin) Quel bonheur d’ouvrir les yeux et de ne voir qu’un horizon de mer plate ! Après le petit déjeuner nous levons l’ancre pour nous diriger vers les salines qui se trouvent à la pointe sud de l’ile. Malheureusement encore du moteur : 5 nœuds de vent…. rien à voir avec hier Encore des falaises de couleurs ocres, un régal pour les yeux!!! Je me demande si les Baléares ne sont pas plus belles que la Corse ? ! Nous passons devant la Cala Py, cala étroite et en profondeur. Nous ne nous y arrêtons pas car nous réalisons qu’il y a encore du chemin à faire avant de découvrir le nord de l’Ile et de pouvoir traverser sur Minorque lundi au mieux. 

10h24: Des nouvelles d’Hélène et Jean-Pierre , ils ont traversé hier et s’approchent de Escala. Nous longeons la grande baie de Ses Salines, cette côte est vraiment très plate, aucune falaise, rien à voir avec tout ce que nous avons vu ces derniers jours ! Toujours au moteur, nous avons l’impression de glisser sur un lac. Sur notre tribord on aperçoit clairement  l’île de Cabrera. C’est une réserve protégée, on ne peut s’en approcher et la visiter qu’avec autorisation à demander au moins trois semaines d’avance. Claudine et Franck de KAIROS nous avaient prévenu, on ne l’a pas fait ☹️ce sera pour une autre année. 

11h30 Nous arrivons platja d’Es Carbó où nous jetons l’ancre le temps du déjeuner. 3 m de profondeur  Très rapidement une femme arrive en zodiaque, un cône orange qui est une loupe Marine à la main. Elle inspecte la position de notre ancre et de notre chaîne dans l’eau afin de contrôler si elle n’est pas positionnée sur des Posidonies. Ouf, ce n’est pas le cas ! Elle nous remet un prospectus et nous sensibilise à ce fléau, nous expliquant que si le vent devait monter, il serait bon que nous ne restions pas là car la chaîne en bougeant abîmerait les plantes. L’eau est transparente et chaude, j’enfile palmes et masque. Malheureusement pas de poisson, pas de coquillages, rien à voir à part quelques cailloux et quelques posidonies…. Si la mer est magnifique aux Baléares il n’y a vraiment rien à y voir !  Après le déjeuner nous reprenons notre route, direction Cala d’Or mais malheureusement une houle est en train de se former et nous réalisons que nous n’en serons pas à l’abri cette nuit. Nous décidons donc d’aller encore plus haut mais soit les calas ne sont pas à l’abri de la houle soit elles sont vraiment trop petites. Nous finissons par arriver Cala Marcal Beach , très jolie cala avec plage et restaurant, mais là encore plus de place pour notre voilier ! Nous atterrissons donc dans le port de Portocolom accrochés à une bouée car l’ancrage y est interdit.  Seulement 36 € la boya … nous n’en revenons pas ! De plus cette baie est immense, bien à l’abri de la houle qui monte de plus en plus. Après un tour au grand Eroski, (c’est le nom des supermarchés ici) nous trouvons un adorable petit resto en bord de port avec un personnel parlant français très sympathique. Nous y passons une soirée délicieuse autour d’une grande assiette d’assortiment de tapas et une Vraie sangria comme je les aime, pas diluée exagérément à la limonade! Pour finir une énorme coupe glacée caramelo « à la française » ! Francis c’est comme ça que je la voulais l’autre fois au restaurant de Formentera 

Avec tout ça inutile de préciser que la nuit fut bonne…

Samedi 29 juin : 8h30, nous quittons Portocolom cette fois en direction de la cala Canyamel que nous devrions atteindre vers midi. Toujours et encore au moteur, vent NE donc de face. Ça fait encore beaucoup d’heures de navigation mais nous voulons y arriver assez tôt de sorte à pouvoir profiter de l’après-midi à la plage. Nous avons reçu un message de Francis et Pascale, ils commencent leur traversée avec de bonnes conditions pendant que les Wampù traversent le cap Creùs. Kairos eux se trouvent en Sardaigne et visitent le marché de Stintino 

Quelle chance ! nous n’avons pas encore pu faire de marché. Pourtant je trouve cela tellement sympa et typique en croisière….. des produits locaux et frais. 

En parlant de frais, cela va faire trois jours que nous mettons la ligne à l’eau et… Rien au bout !  Ah si, un sac en plastique vert l’autre fois !!!

Nous profitons de cette navigation tranquille pour refaire une beauté extérieure à Wayana. Avec des lingettes pour économiser l’eau douce je nettoie tous les inox « croûtés » de sel et le polyester bien poussiéreux depuis notre départ. Tout ce qu’on touche suinte de sel, soit à cause des vagues qui sont arrivées parfois sur la proue et le  pont, soit à cause de l’humidité saline ambiante.

Arrivés à 11h30, il n’y a que nous au mouillage. Une jolie petite plage bordée de deux immeubles. Des falaises de chaque côté trouées de plusieurs grottes. L’eau a pris encore 1° par rapport à hier. Nous nous régalons à nous baigner tout au long de la journée dans cette eau transparente et si propre. 

Paddle debout, paddle à genoux, paddle en kayak, masque, palmes et tuba,… La totale ! Et pour clôturer ces moments magiques, apéro dans l’eau à cheval sur la frite. Que du bonheur ! 

22h: La nuit s’installe tout doucement. Nous sommes dans le cockpit pour profiter d’une petite brise rafraîchissante.  Après la chaleur de cette journée elle est vraiment la bienvenue. Je réalise la chance que nous avons par rapport à certains qui souffrent de la canicule en France! Par contre les moustiques se sont invités, heureusement nous avons des serpentins à bord pour les repousser.

Dimanche 30 juin: Nous sommes partis ce matin, toutes voiles dehors, Vitesse 5 noeuds, au près. Un peu à la gîte mais ça reste confortable. Si le vent ne mollit pas, nous arriverons vers 15h30 à Ciutatella. Il fait soleil mais l’air est chargé d’humidité. Il est 11h et les parties à l’ombre du pont n’ont pas encore séché. 

Nous approchons de Minorque, le paysage est différent. Les falaises sont moins hautes, trouées de nombreuses grottes et petites calas. Les maisons paressent basses, murs blancs, toit rouge et/ou toits plats, hauts palmiers devant, gazon bien vert… on croirait voir les photos d’un programme immobilier ou être dans le jeu des « Sim’s ».

14h30: Nous arrivons à Ciutadella. Vu la météo clémente pour cette nuit, nous décidons de jeter l’ancre à droite du port, juste à l’entrée d’une cala étroite mais longue de 700 m environ, bordée de rochers d’où les jeunes se plaisent à sauter, et tout au fond une petite plage. 

Nous nous rafraîchissons dans cette eau toujours aussi transparente et déjeunons à 16h30 ! Et oui vacances et heure espagnole déteignent sur nous à notre plus grand plaisir.

Le soir nous rejoignons le port en annexe. La Torre de Sant Nicolau nous ouvre le chemin. Majestueuse elle veille sur l’entrée du port depuis plus de 300 ans. Au fur et à mesure de notre progression, nous découvrons émerveillés Ciutatella. Ses monument majestueux, ses ruelles médiévales , la Plaça des Born, la cathédrale Sainte-Marie … Nous sommes tombons sur une procession religieuse que nous suivons. Un accueil suréaliste et fort, presque envoûtés par ces odeurs d’encens que le thuriféraire dispense généreusement de son encensoir dans les ruelles. Après avoir pris de nombreuses photos et visité les alentours, nous déjeunons sur une petite place au bord du port.Tout y est tellement pittoresque avec ces barques de pêcheurs appontées. Et les gens sont vraiment très accueillants.

Lundi 1er juillet: aujourd’hui le temps est si clair que nous voyons l’île de Majorque au loin. Nous avons passé une délicieuse nuit. Sur Navily on ne vente pas notre mouillage en disant de lui que les ferry provoquent de la houle. Nous avons été très peu gênés en fait,  il n’ont pas été si nombreux que ça à passer. Après avoir fait encore  quelques photos à terre, nous levons l’ancre à 13h pour la Cala Morell. Sitôt passée Punta Perpinyà, le paysage est triste, falaises rocheuses polies par les vents et terre sèche. Plus loin c’est un peu plus beau avec de nombreuses trouées dans la roche.

Nous remettons le moteur rapidement car le vent a molli jusqu’ à atteindre 3.5 noeuds. Nous n’avons pas la patience des Vrais voileux, « les purs et durs »! 

17h: Nous voilà « enfin » arrivés  Cala Algaiarens par faute de place à Cala Morel qui est petite  (il n’y avait qu’un gros Yatch mais Jérôme a estimé qu’il prenait toute la place ….  à sa décharge nous trainions notre annexe et faire une manœuvre pour se faufiler en marche arrière n’aurait pas été pratique. Dommage car elle était mignonne cette cala et il y avait une ancienne nécropole ainsi que des grottes troglodytes à visiter juste au dessus !  La cala Algaiarens par contre est grande et le paysage assez sauvage. Beaucoup de voiliers y sont ancrés. Devant nous un gros Yatch espagnol avec toute une smala d’enfants,  jetsky et compagnie avec le bruit et la vitesse qui vont avec …. j’espère qu’ils ne seront pas là cette nuit ! 

Mercredi 3 juillet: nous  sommes restés deux jours dans cette Cala et on s’est régalé. À terre de très jolies promenades à faire dont une derrière la plage avec un étang et des tortues. Hier nous sommes allés ramasser des escargots de roche.  (bigorneaux) pour l’apéro. également trois oursins mais après en avoir goûté un, je les ai remis à la mer car ils n’étaient vraiment pas bons. Nous nous sommes promenés sur le Camino des Cavalls qui longe les calas. Encore un sentier merveilleux aux 1000 odeurs et une vue à vous couper le souffle! 

10h: nous nous dirigeons Cala Pregonda, nous avons de la chance car nous y trouvons  une belle place. C’est une Cala très convoitée avec de jolies roches polies, crème, ocre jaune et rouge. Une plage de sable blond et une autre couleur chamois avec son grain plus gros. Beaucoup de masques et tubas mais personnellement sans intérêt car comme toujours très peu de poissons à voir. (pauvre planète ) Lorsque l’on fait dos à la maison blanche qui se trouve sur la plage et que l’on regarde légèrement sur la gauche, il y a un grand rocher isolé qui fait étrangement penser à une mère portant son enfant à bout de bras. Je me régale à grimper aux sommets des roches pour admirer un superbe paysage entre mer, campagne et plage. Après cette petite excursion et un bon bain, nous levons  à nouveau l’ancre pour la Cala Feragut juste en face. La flemme de mettre les voiles donc toujours au moteur car juste 1,5 mile à parcourir et un petit vent à 30 degrés. La plage est très fréquentée. Des vendeurs de fruits et boissons fraîches transportés dans des brouettes font des va-et-vient incessants sur le sable. Nous prenons l’annexe pour nous rendre à Puerto Nitge  et admirer sa grande tour. Il ne s’agit pas d’un port mais d’une anse étroite. Les Phéniciens l’utilisèrent vers 1600 av. J.-C. Au fond de l’anse un paysage plutôt bas et marécageux. Il faut faire attention à l’approche car il y a très peu d’eau et beaucoup de rochers. Trois petits quais où sont amarrés des bateaux à moteur et des bateaux de pêche. L’ensemble est très mignon bien que désolé. Une route mène au phare de cabot Cavallería. Nous la visiterons une autre fois. Nous serions restés plus longtemps ici mais Jerôme attend un coup de fil important et il n’y a pas de réseau. Nous partirons donc demain

Jeudi 4 juillet:  Nous passons le cap Cavallerìa  et son phare haut de 15m pour nous diriger vers la Cala Tirant grande baie profonde entourée de collines basses et de très jolies maisons blanches à toit rouge. En s’approchant de la plage nous réussissons à avoir du réseau Nous resterons donc deux jours ici En attendant l’arrivée de nos amis de régate Jean et Nicole. Je suis étonnée car il n’y a pas énormément de monde sur la plage et encore moins dans la baie. Nous ne sommes que deux bateaux! A terre nous découvrons de très jolies petites villas toutes près les unes des autres qui semblent être des appart’hôtel. En sillonnant la rue on peut découvrir de très beaux palmiers, des pins et des fleurs de toutes sortes. Sur les hauteurs un restaurant très sympathique : l’Okapi. Nous nous arrêtons pour prendre un petit cocktail. Le personnel est tellement sympathique que nous décidons d’y dîner. La chaleur de la journée est tombée, la nuit s’installe, et c’est un régal. Nous redescendons tranquillement jusqu’à la plage pour retrouver l’annexe et rentrons sur Wayana 

Vendredi 5 juillet:  l’arrêt de bus se trouve à 200 m de la plage. Nous prenons un beau bus climatisé … qui nous emmène à Fornells en 15 minutes. La ville et ses environs est paraît-il très prisée par les anglais. Nous visitons ce petit port dont on nous a beaucoup  parlé mais aussi pour vérifier la possibilité d’un mouillage demain. Le port s’enfonce sur prêt de 3 km, beaucoup de Posidonies et de vase. il est donc conseillé de prendre une bouée. Même si le centre port est mignon, cette anse ne nous emballe pas beaucoup, nous préférons notre cala Tirant. En prenant un verre à la terrasse d’un restaurant, nous sommes accostés par une touriste française qui nous demande des adresses de plage de sable rouge. Nous entamons la conversation et du coup nous lui proposons de nous ramener avec sa voiture à notre Cala pour lui offrir le café sur Wayana. Enchantée elle accepte mais malheureusement elle se trompe de route et nous voilà de l’autre côté de la baie. Il faut 10 mn à pieds par la plage pour rejoindre l’annexe, elle nous laisse donc la craignant ne plus avoir assez de temps pour effectuer ses visites prévues. Arrivés au bateau je prépare le repas, ce sera frais et léger car il fait très chaud. Même la mer a du mal à nous rafraîchir aujourd’hui, l’eau doit être à 30 degrés! Heureusement il y a toujours une petite brise qui nous rafraîchit. Nous irons nous promener ce soir à la fraîche, j’ai repéré de magnifiques cactus géants en passant avec le bus que j’aimerais prendre en photos ainsi que ces maisons aux murs si blancs.

Samedi 6 juillet : Encore une nuit à dormir comme des bébés, on se croirait sur la terre ferme… Ce matin nous avons été rejoints par nos amis Jean et Nicole arrivés d’Espagne avec leur voilier à 7h. Ils sont venus passer quelques jours avec nous. Il y a d’avantages de bateau aujourd’hui dans la baie, peut être parce que nous sommes samedi… Hier nous n’étions que deux. Je réalise qu’on voit clairement au loin le mont Toro, c’est le point culminant de l’île à 358m d’altitude. Il est placé sur la municipalité d’Es Mercadal, au centre de l’île. Au sommet de la montagne se trouve le sanctuaire de la Vierge d’El Toro, patronne de Minorque, bâti en 1670 sur une église gothique et, en même temps, sur les ruines d’un ancien couvent.  Une légende explique que ce fut un taureau (en espagnol, toro) qui découvrit la vierge. (Source Wikipedia )

Dimanche 7 juillet: un vent force 5 s’est levé ce matin. Il n’était prévu par aucune de nos météos consultées …. Nous partons tranquillement vers 10h30 uniquement au génois car nous n’allons pas très loin, juste après Fornells dans la cala Addaia. Cette profonde calanque n’est pas visible du large. Il faut suivre avec précaution un chenal qui est bien balisé vu les nombreux rochers. Sur tribord on découvre un petit port puis une zone de mouillage ou sont ancrés une quarantaine de bateaux plus ou moins gros. La calanque, s’enfonce dans les terres, peu profonde et sur fond d’algues. Ce paysage est surprenant, les berges sont verdoyantes, on entend les oiseaux chanter dans les arbres et si ce n’était l’eau salée, on se croirait au beau milieu d’un lac de montagne. Nous devions y rester juste pour le déjeuner mais vu ce cadre et le calme qu’il y règne, nous décidons d’un commun accord d’y passer la nuit. Nous irons visiter le petit port et marcher un peu jusqu’à la tour lorsque la chaleur sera retombée car aujourd’hui elle est  particulièrement difficile à supporter, le ciel est plombé et il fait très lourd. La soirée se clôture par un petit restau au petit port, tous ensemble à la Cantina. Dans nos assiettes la pêche du jour: espadon et dorade grillés …. délicieux !

Lundi 8 juillet: la Cala ressemble vraiment à un lac ce matin, pas une seule onde sur l’eau ! Nous levons l’ancre à 11h et nous nous dirigeons au génois vers Le cap Farvarixt mais le vent s’est levé et il y a trop de clapot. Nous préférons ne pas nous arrêter comme nous l’avions projeté. La visite du phare sera pour un autre jour. Nous continuons donc sur l’île d’En Colom qui se trouve juste à côté. L’endroit est merveilleux, une fois encore on se croirait dans les Caraïbes . La superficie de l’île est environ de 59m2, qui abrite beaucoup d’oiseaux. Au début du XXe siècle, l’île est exploitée pour ses minerais de ferzinc et cuivre.  C’est une propriété familiale. Vendue une première fois en 2010, elle est remise en vente à la suite d’un désaccord entre ses copropriétaires. Depuis 2018, elle appartient à un homme d’affaires Nord-Américain. l’île est privée, et fait partie de la réserve naturelle de Albufera des Grau. 

Il fait lourd aujourd’hui encore, on sent que l’orage approche. D’ailleurs nous avons juste le temps de rentrer de notre petit tour visite-courses-apéro à terre de 20h, que des éclairs commencent à déchirer le ciel au loin. J’en profite pour faire de belles photos aux couleurs acier. Ce soir la nuit risque d’être chahutée, en effet nous venons d’entendre que la météo s’est endurcie et des vents avec de fortes rafales sont prévus vers 2h du matin. Nous décidons de dormir dans le cockpit car Llastari, le bateau de Jean et Nicole,  nous semble un peu trop proche du notre, il faudra le surveiller…. En début de nuit le vent monte, 28nds, la houle se forme et Wayana  nous fait une danse des plus chaloupée… Je prends ma fiole de Monsieur Bach, quelques gouttes sous la langue histoire de rester zen…  il était prévu un vent d’Est et nous voilà avec un vent de N-NE!  Ce sont les 2 vents dont nous ne sommes pas protégés ici ! Je reste confiante, je sais que notre Sapde est une bonne ancre. 

Mardi 9 juillet : 2h30: SCRATCHHHS… Un bruit métallique nous réveille en sursaut, Llastari vient de nous faire « un gros bisou » par la jupe arrière. Je ne sais pas si il y a des dégâts mais la lampe solaire qui lui sert de feu de mouillage se retrouve au sol dans notre cockpit ! Tout le monde est sur le pont, on essaie de comprendre…. qui a dérapé ? Jean décide de lever l’ancre pour la poser un peu plus loin. Heureusement un quart de lune éclaire un peu le plan d’eau. Son ancre à nouveau placée, nous essayons de retrouver le sommeil. On entend au loin l’orage et le vent chercher sa direction. À quelle heure allons-nous devoir l’affronter ?… 

5h30 statut quo … ça bouge, ça souffle, mais rien de très angoissant. Je vais essayer de fermer les yeux. 

9h: J’entends Jerôme sur le pont, Llastari a encore relevé son ancre il  cherche une nouvelle place…. En fait il décroche. Moralité de l’histoire, si on veut faire du mouillage sans trop stresser, il est préférable d’investir dans une bonne ancre.  Nous avons tout de même eu des rafales enregistrées à 35nds qui nous ont amené une poussière rouge. Peut-être du sable Saharien? …. le temps est calme et du coup nous en profitons pour laver méticuleusement le bateau à grands seaux d’eau de mer et dessaler l’intérieur du cockpit sans oublier les chromes ! Le reste de la journée se déroule agréablement, j’ai enfin pu cuisiner ma tarte à la tomate, j’en avais envie depuis plusieurs jours. Nous l’a partageons avec l’équipage de Llastari. Dans l’après-midi je fais un grand tour de paddle pour découvrir tous les trouées creusées dans ces roches, de véritables grottes! Je monte également jusqu’à la tour. C’est assez impressionnant de l’approcher ainsi, elle est si vieille. Pour finir, un petit tour sur l’île privée. J’y ai vu ces fameux lézards,  une race endémique protégée. En fait, de gros margouillats d’un vert émeraude. En s’enfonçant un petit peu dans la pinède on découvre l’unique  maison construite dans les années 60. Elle est fermée et dans un piteux état. Ce devait être un bel ensemble à l’époque. Le soir nous restons tranquillement sur Wayana nous avons remonté l’annexe et le paddle, un vent de nord est prévu mais cette fois,  bien moins fort que la nuit dernière. Demain nous irons sur Mahon.

 Mercredi 9 juillet:  7h30 « Jérôme …Jérôme nous allons de l’autre côté de l’île »  Nous sommes réveillés en sursaut par la voix de Jean ! Les bateaux ont dansé la rumba toute la nuit car une forte houle est entrée. Étrangement j’ai très bien dormi dans notre cabine alors que Jérôme à préféré monter dans le cockpit dès 23h. Nous levons donc l’ancre pour contourner l’ile avec prudence car la hauteur de la houle (ou bien est-ce celle des vagues) est surprenante à l’angle du rocher. De l’autre côté la mer est effectivement bien plus calme et plusieurs voiliers se sont déjà réfugiés. 

10h: Nous quittons notre nouvel emplacement plus tôt que prévu car le catamaran dernier nous s’inquiète de notre proximité…. En levant l’ancre, cette dernière se coince à une roche. Nous tournons autour et … hop l’affaire est réglée …. vive le propulseur  Nous nous dirigeons vers Mahon avec une houle de plus d’1,50m . Nous sommes vent et vagues arrière, au moteur,  et le pilote automatique gère très bien la situation. Je viens de mettre le pain à cuire au four et il me tarde que sa cuisson se termine car Wayana tangue. Comme four est récent, je ne sais pas comment il gère la flamme. Tout en surveillant l’horizon, je me cramponne comme je peux pendant que Laurine chante, insouciante dans sa cabine. On aurait du mettre un bout de génois pour mieux stabiliser le bateau !

Nous voilà amarrés sur les îlots flottants de Mahon. Ce port est incroyablement grand surtout quand on sait que le site est totalement naturel avec ses pratiquement 6 kilomètres de longueur sur une largeur allant parfois à 1200 mètres, et une profondeur jusqu’à 30 mètres! Le port de Mahon est considéré comme le plus grand de Méditerranée et le 2ème port le plus profond du monde. Port Mahon est la capitale de l’île espagnole de Minorque. Elle est connue pour ses maisons géorgiennes de style britannique. L’église Santa María, qui contient un orgue du XIXe siècle finement sculpté, se dresse sur la place centrale de la Constitution (Plaça de la Constitució). Près de l’église, l’hôtel de ville à la façade Renaissance est doté d’une très belle horloge offerte par le premier gouverneur britannique de l’île. Du port un long escalier mène au centre historique de la ville. Sur le chemin on peut croiser deux très vieux et merveilleux arbres, des Bélombras  avec leurs énormes racines. Un peu plus haut le « mercado de pescados » construit en 1927 avec un très bel étal de poissons frais. Sur la droite un espace où l’on peut déguster un grand choix de tapas tout en buvant un verre dans une atmosphère très sympathique. C’est là que nous passons la soirée. Également un autre très beau marché, le Cloître des Carmes.

Vendredi 11 juillet:  nous faisons un dernier grand tour dans la ville avant de lever l’ancre et continuons  à longer la côte par le sud est. La mer est bien plus calme que la veille avec au maximum 4 noeuds de  vent. Nous nous arrêtons pour prendre un bain cala Prima. Incroyable spectacle ! Une eau turquoise comme on en voit dans le Pacifique, il ne manque que les coraux ! Malheureusement quelques méduses ne nous incitent pas à rester plus longtemps. A présent  la côte est vraiment magnifique. Des falaises aux nombreuses formes et couleurs surmontées de belles villas ou petits hameaux d’un blancs maculé. Un véritable spectacle! Je prends des centaines de photos. Nous continuons sur cala Coves qui est également très très belle. Un petit écrin dans une eau transparente entouré de falaises. Malheureusement il y a déjà trop de bateaux pour pouvoir s’y ancrer, elle ne peut pas en contenir plus de 6 à 8 . Nous décidons alors d’aller juste après dans la cala en Porter où quelques bateaux sont ancrés et nous réussissons à trouver deux places. Très jolie cala entre deux hautes falaises. Ici aussi les méduses sont présentes et vers 18 heures elles se comptent par centaines autour du bateau. Néanmoins nous pouvons nous baigner à la plage qui se trouve au fond à 400m de Wayana car étrangement elle n’y sont pas.

Près de la plage nichée dans la falaise on peut voir Sa Cova den Xoroi, une grotte naturelle transformée en bar et boîte de nuit. On y accède par des passerelles longeant la falaise ! Dans une ambiance lounge, on passe de salles en salles, qui sont autant de cavernes, avec à chaque fois d’impressionnants panoramas au-dessus du vide. D’en Xoroi est le nom d’un pirate turque qui naviguait dans ces eaux il y a plusieurs siècles. 

Vendredi 12 juillet: Nous quittons notre mouillage vers 11h30 direction cala Trebalùger. Encore une navigation à s’extasier devant la beauté de ces falaises et leurs grottes creusées par l’érosion et les tempêtes. En sortant de la cala en Porter le rocher qui plonge dans la mer ressemble étrangement à une grosse tête d’ours …. ou à un hérisson… en fait chacun y voit ce qu’il veut  Nous mettons une ligne à l’eau, peut être aurons nous d’avantage de chance qu’hier ?!. Une fois passé llucalari,  la côte n’est plus la même, fini les falaises. Le paysage est plus bas. Nous longeons Son Bou avec sa plage qui s’étend sur 3km. L’’arrière pays semble plus verdoyant et plus habité. Le vent s’est levé, 9 noeuds, paresseux nous ne sortons que le  génois… dommage car après une demi-heure il passe à 18 noeuds! Nous aurons tout de même gagné près de 2 heures de silence même à 5 nds de vitesse. Nous arrivons cala Trebalùger, elle n’est pas très profonde mais son eau turquoise, sa plage de sable blanc et sa pinède lui fait ressembler à un vrai petit paradis… Nous sommes d’autant plus coupés du monde qu’il n’y a pas de réseau.Nous remontons la ligne …. toujours rien !

J’adore cette petite cala, j’amène Laurine la découvrir assises ensemble sur le paddle. Il y a des petites falaises creusées de chaque côté que nous explorons minutieusement. L’eau est tellement transparente! À terre nous découvrons une sorte de grotte ouverte par 2 côtés ce qui permet un courant d’air. Au sol un sable doux et frais. On aurait dû venir y faire la sieste. Sur la partie gauche de la plage après une langue de sable, il y a un bras de mer mêlé à une eau saumâtre qui remonte dans les terres. Il est bordé tout le long par des roseaux. Avec le paddle je m’y hasarde dans un silence religieux durant plus de 2km, sans Laurine que j’ai préféré laisser à la plage. Rapidement j’aperçois un groupe de bulles qui remontent de façon régulière. Je pense à un poisson mais après réflexion je me dit que c’est peut-être une source qui sort du fond. Je poursuis mon voyage…. comme c’est beau ! Sur la rive une végétation de plus en plus riche, dans un virage un majestueux palmier. Ho ! une tortue qui plonge tout à côté de ma planche, elle m’a surprise … tout comme j’ai du la déranger. Cette fois c’est un long poisson qui me coupe la route. Je pense à une truite mais je sais que c’est impossible ici. Je croise une famille dans un kayak qui redescend puis je dépasse un couple, ce qui me rassure un peu, je ne suis pas toute seule. Après plusieurs lacets, la rive rétrécie pour finir par m’obliger à rebrousser chemin, stoppée par les ronces.

Le soir nous décidons avec nos amis de faire des grillades sur la plage avec notre barbecue portable. Encore un moment magique! La chaleur est tombée, la lune presque pleine nous éclaire, une bonne odeur de saucisses grillées emplie la cala. Laurine et ses 2 nouveaux amis jouent sur le sable pendant que nous refaisons joyeusement le monde, un verre de gin Xoriguer ( le gin de Mahon) à la main. Nous finissons la soirée en chantant et en dansant tous ensemble la Macarena sur la plage. Réalisons nous suffisamment la valeur de ces instants ?…… 

samedi 13 juillet: c’est avec regret que je quitte cette cala Trebalùger. Aujourd’hui nous allons à la cala Macarelleta. Elle se trouve juste après la Cala Galdana qui est reconnaissable avec son énorme hôtel en bord de plage. Trop peuplé et touristique pour moi ! Ici c’est bien plus « familial » et à échelle humaine. Une fois encore je prospecte les nombreuses grottes en paddle mais si ces dernières sont hautes, elles ne sont pas très profondes. Sur la plage un restaurant surplombé par un sentier de 2,5km qui rejoins Galdana. Nous y allons pour faire quelques achats mais également pour noter la météo prévue les jours prochains car il n’y a toujours pas de réseau là où nous sommes ancrés. Malheureusement il va falloir commencer à prévoir le retour… La soirée sera calme, un petit apéro tous ensemble au bar de la plage en retour de notre marche et chacun retourne sur son voilier. Dans le cockpit, après le dîner et à la fraîche, nous regarderons Pirate des Caraïbes sur l’ordi avec Laurine. 

Dimanche 14 juillet: je réalise que c’est une date importante en France  et qu’il n’y aura pas de feu d’artifice ici pour la fêter comme il se doit. Nous avons prévu d’aller manger au restaurant ce soir, ce sera notre façon de marquer notre 14 juillet. J’ai remarqué qu’il y avait plusieurs bateaux français dans la cala hier (du reste plusieurs Bavaria ). Peut être chanterons nous la Marseillaise tous ensemble bien que je ne sois pas spécialement patriote. C’est juste l’occasion de faire la fête. Je monte une tasse de café et une tartine beurrée à la main. La cala semble endormie, les bateaux dansent il y a eu un peu de roulis toute la nuit. Il n’est pas encore 8h et je vois déjà un couple en kayak arriver de je ne sais où. Sur la plage j’aperçois également des silhouettes en mouvement, ils ont dû y dormir.  Sur la falaise, à mon grand étonnement, 2 à 3 groupes de personnes en train de crapahuter …..  mais ils sont fous ces vacanciers, le soleil n’a pas encore percé et je suis à peine réveillée !!! A 50 mètres de là un bateau moteur est à couple avec un voilier, ils ont mis des parre-battages entre eux… j’espère que c’était intentionnel ! Houlala la journée semble commencer sur les chapeaux de roues aujourd’hui… je vais reprendre un autre café 

A la mi journée le temps semble changer, de gros nuages encombrent le ciel, la houle rentre et les bateaux tanguent de plus en plus. J’espère que nous ne passerons pas la nuit dans une machine à laver ! Il nous reste encore un mouillage à faire avant de fermer la boucle jusqu’à Ciutatella et rejoindre le Cap d’Agde. Nous aimerions traverser mardi matin. Nous surveillons la météo qui est très changeante. 

23h: Nous rentrons du restaurant et la mer s’est enfin posée.  Nous en profitons pour monter l’annexe. Nous avons passé une dernière soirée avec Jean et Nicole, André, Thomas et Clément. Nous les quitterons demain matin, nous ne nous arrêterons pas avec eux comme prévu à Son Saura. Nous continuerons directement sur Ciutatella où nous souhaitons passer la dernière journée tranquillement avant la traversée. 

Lundi 15 juillet: Voilà, nous sommes revenus au point de départ lorsque nous avons commencé notre visite de Minorque. Nous sommes donc arrivés à Ciutatella ce matin 12h.  Un peu déçue de ne pas s’être arrêtés à Son Saura mais tellement contente de pouvoir revisiter Ciutatella ville que j’adore! Nous avons pu nous ancrer à la même place où nous étions la première fois comme si elle nous attendait… Dans l’après-midi, nous allons visiter les arcades, le marché aux poissons et le Moulin que nous avions zappé la dernière fois.  Nous en profitons pour faire les derniers achats de petits cadeaux souvenirs à ramener. Je suis surprise de constater qu’il n’y a pas que le tour du port avec ses beaux monuments anciens, il y a également la ville qui s’étend en arrière-plan avec beaucoup de boutiques.  C’est vraiment une ville où j’aimerais prendre le temps de revenir plusieurs jours. Une dernière délicieuse glace avant de reprendre l’annexe et nous voilà rentrés au bateau. La météo semble s’arranger pour demain, nous pensons partir vers 5h30. Il y aura 200 miles nautiques en ligne droite et nous devrions arriver mercredi soir au Cap d’Agde doit 40h de nav’. Une première pour nous que nous voulons expérimenter. 

Mardi 16 juillet: 5 h, le réveil sonne, je n’ai pas bien dormi, j’avais oublié que café et alcool ne font pas bon ménage chez moi. De plus il y a eu une petite houle toute la nuit. Je ne suis pas arrivée à trouver un sommeil profond, tant pis la journée sera longue et j’aurai le temps de récupérer. Nous nous préparons, avalons un thé bien chaud et hop c’est parti. L’ancre est levée à la lumière de la pleine lune et nous nous dirigeons vers le nord. On hisse la grand voile, nous ouvrons le génois mais le vent est de face 20 noeuds avec une grosse houle et des vagues qui n’arrangent rien. On vire sur Barcelone mais là encore le génois ne tient pas, il faudrait abattre encore plus et il n’en est pas question, ça nous écarterait trop de notre route. Ce sera  donc une navigation au moteur. Les vagues sont hautes,  2,50m pour certaines, à 2000 tours nous n’arrivons pas à atteindre les 4 noeuds tellement elles nous freinent. Le temps s’écoule lentement, nous prenons notre mal en patience et Jérôme met une ligne à la mer. Cadeau du ciel, le moulinet file… je réveille Jérôme qui s’est assoupi… un beau poisson de plus d’un mètre !!!! Vite vite on baisse un peu le moteur, l’épuisette, le crochet, le couteau et le godet de rhum dans la gueule pour l’achever! Nous voilà transformés en bouchers… pardon, poissonnier,  à découper de beaux filets qui vont direct dans des sachets au frigo. Je les pèserai en arrivant. Cet intermède nous fait passer la matinée. Dans l’après midi comme nous l’avions vu sur les fichiers Lama, le vent tombe à 5 noeuds mais vagues et houle nous freinent encore un peu. Nous arrivons tout de même à atteindre les 5,5 noeuds toujours au moteur et à tenir notre Cap au 358. Nous avons tenté une autre ligne à l’eau… en vain. 

21h:  toujours petit vent mais de travers, nous sortons le génois et réussissons à garder 6.2 nds toujours avec le moteur en appui. La lune s’est levée, elle est magnifique. Ce soir c’est éclipse partielle avec Saturne.

13h50, nous sommes à 3h45 du Cap d’Agde à en croire le GPS car ce dernier fait des siennes depuis l’aube. Dès qu’on le touche où qu’on veut agrandir l’image tout se brouille! J’espère qu’on ne se trompe pas de Cap  le ciel est voilé et on aperçoit mal la côte. Nous avons remis le moteur depuis …. un très long moment malgré les 19 noeuds de vent (en moyenne) car nous avons le vent à 30 degré et le Capitaine en a marre. Il ne veut pas tirer de bords et le courant nous déporte et nous n’allons donc pas tout droit …. 

Ça y est, nous sommes arrivés vers 18 heures, on a tout de même réussi à faire 1h30 de voile à 9 miles du Cap, un vrai bonheur qui m’a fait oublier l’agacement de toutes ces heures au moteur! 18 noeuds de vent au travers, un régal !!  Un groupe de 6 dauphins étaient là pour nous accueillir ainsi que nos amis Alain et Stéphanie venus à notre rencontre avec leur bateau moteur. En fait nous sommes arrivés vraiment au bon moment car à peine rentrés dans l’avant-port, la VHF annonçait un avis de grand frais sur la zone du Cap d’Agde à partir de 23 heures. Nous nous sommes appontés à notre place avec 23 nds de vent travers sans aucun problème grâce à notre propulseur.  Sur le ponton Patoche Et Patricia , François, Rémy, Marc, Danièle, José, Françoise …. Tous attendaient avec impatience le récit de notre croisière debout autour d’une bonne bière.  Nous retrouvions notre vie de ponton. 

Et bé ça donne envie tout ça tu sait…..

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  1. Super reportage qui donne vraiment envie. C’est ça la croisière. J’adore☀️

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