Croisière de retour depuis la Tunisie de My Way

Au printemps 2008 nous avions descendu notre voilier DUFOUR 34 « MY WAY II » du Cap d’Agde jusqu’en Tunisie, via la Corse, l’Ile d’Elbe, la côte et les îles italiennes, la Sicile, Malte et Lampedusa, afin de l’hiverner à Monastir.
Nous sommes retournés passer une quinzaine de jours sur le voilier à l’automne 2008 pour profiter de l’arrière-saison, puis en février 2009 pour faire le carénage, ou plutôt le faire faire car au prix de la main d’œuvre tunisienne il ne faut pas hésiter. Par contre une mauvaise surprise nous attend : la barre est devenue extrêmement dure, il faut changer une bague de safran. Nous la commandons immédiatement par téléphone auprès de Michel Roy, mais cela veut dire qu’il faudra ressortir le bateau une deuxième fois avant de partir en navigation au printemps. 
Le mardi 21 avril 2009 nous voici de retour à Monastir. Le jeudi 23 avril les bagues de safran sont changées, à notre grand soulagement ; il aura fallu l’assistance de quelques gros bras pour arriver à descendre le safran, et il ne restait que quelques centimètres de marge pour le sortir entièrement. Nous voici prêts à appareiller, nous avons aussi récupéré deux tauds de soleil que nous avons fait fabriquer sur place.
Dimanche 26 avril 2009, nous quittons Monastir après avoir effectué les formalités (garde nationale, police et douane) qui auront été rapides. Nous garderons un excellent souvenir de cet hivernage, le personnel du port a été très serviable et la marina très sûre. La première étape se fait au moteur et nous mène à la marina de Hammamet, bien équipée mais impersonnelle par rapport à Monastir, et à l’architecture grandiloquente. Mieux vaut aller visiter la ville de Hammamet, distante de quelques kilomètres, ce que nous faisons le lendemain : visite de la medina, du ribat, promenade en bord de mer. Il y a beaucoup de vent, les planchistes s’en donnent à cœur joie dans les vagues. Une barge de levage est venue se mettre à l’abri dans la baie.

 
Kébila
Mardi 28 avril nous quittons la marina de Hammamet après les habituelles formalités. Le vent de SW se lève en fin de matinée et nous emmène vent arrière jusqu’à Kelibia où nous arrivons à 15 heures. Dans ce port de pêche peu adapté à la plaisance, nous sommes guidés à notre place par le « Che », personnalité haute en couleur bien connue des plaisanciers qui naviguent dans la région. Nous sommes à couple d’un voilier français, sur le seul quai dévolu à la plaisance. Nous faisons les formalités d’arrivée à la Police des Frontières, puis au bureau qui fait office de capitainerie. La place de port est à 4 Euros … Il nous reste un peu de temps pour monter au fort romain, puis prendre un taxi pour aller faire un tour dans la medina.
 
Pantelleria
Mercredi 29 avril, nous repassons par la Police des Frontières, qui appelle la Douane, deux douaniers montent à bord pour une inspection rapide. Puis nous mettons le cap à l’Est, le vent finit par s’établir à 12-14 nœuds du NW jusqu’à l’arrivée à l’île de Pantellaria. Une multitude de dauphins joueurs nous accompagnent pendant une partie du trajet. Christine n’est pas encore bien amarinée, elle est malade et se retourne une phalange à l’équerre ; impressionnant mais heureusement sans conséquence. Deux possibilités d’accostage s’offrent à nous ; nous allons d’abord dans Porto Vecchio en pensant nous amarrer au quai, mais aux rares emplacements disponibles celui-ci est débordé par de dangereux crochets métalliques et un fort clapot nous incite à nous rendre dans Porto Nuovo, près du chantier naval ; il y a là deux voiliers à couple, nous nous amarrons au quai derrière eux. Que ce soit ici ou dans Porto Vecchio il n’y a aucune facilité, ni aucune redevance de port. Plus étonnant, nous entrons ici dans l’Union Européenne et dans l’espace Schengen, mais nous ne serons jamais contrôlés par personne. La nuit, nous sommes réveillés par deux bateaux de pêche tunisiens qui s’amarrent derrière nous, à la seule place à quai qui restait disponible.
Le lendemain, nous visitons à pied la ville et les environs. Beaucoup d’animation sur notre quai : des officiels viennent contrôler les équipages des chalutiers tunisiens, les acheteurs viennent prendre livraison de la cargaison de poissons. Un voilier presque deux fois plus long que nous vient s’amarrer à notre couple en passant ses amarres directement au quai. Il nous invite à prendre une bière à son bord, c’est un Néo-Zélandais surnommé « Kiwi », qui navigue seul ; il a fait deux fois le tour du monde par le Cap Horn ; il était chirurgien mais sa carrière s’est terminée lorsque sa main a été écrasée par la chute d’une bôme.
La marina de Marsala
Marsala
Ségeste
Vendredi 1 mai, c’est le départ pour la Sicile, départ assez compliqué car il nous faut nous dégager du voilier de « Kiwi » qui nous emprisonne dans ses amarres. Heureusement les chalutiers tunisiens sont partis dans la nuit. La traversée de 63 MN se fait presque entièrement à la voile avec un petit vent de 10 – 12 nœuds de NW. Nous croisons la route de nombreux cargos qui empruntent le Détroit de Sicile, et atterrissons à Marsala, dans une marina où manquent malheureusement beaucoup de pendilles. Nous y passerons 5 nuits pour visiter les environs. Nos vélos nous permettront de visiter la ville de Marsala. Le train nous emmènera à Trapani, dont nous visiterons la vieille ville et le vieux port, et d’où un bus puis une télécabine nous permettront d’accéder au beau village aragonais d’Erice, avec son château et ses rues pavées. Le dernier jour, nous louerons une voiture pour visiter notamment le site antique de Segeste, dans l’intérieur des terres, puis celui de Selinonte, en bord de mer.
Favignana.
Mercredi 6 mai, nous atteignons Favignana, dans les Iles Aegades. Pas de place au port de pêche, nous allons au ponton du Club Nautique, qui est en cours d’installation et pas encore équipé. Deux places sont déjà prises, nous prenons la 3ème et dernière, avec un peu d’inquiétude car le sondeur indique 1.7 m pour un tirant d’eau de 1.92 m, vérification faite à la sonde à main notre sondeur est en fait pessimiste de 40 cm. Plus tard un grand voilier hollandais arrive, nous l’aidons à accoster au quai du port de pêche, mais la coque touche le rebord du quai et ils doivent repartir. L’après-midi nous nous promenons dans le village et en bord de mer où d’anciennes carrières donnent à la côte des formes tourmentées.
Palerme
Jeudi 7 mai une étape de 59 MN nous attend jusqu’à Palerme, malheureusement tout au moteur. Nous faisons escale pour 2 jours à la Marina Villa Igeia, bien aménagée et au tarif en conséquence : 75 Euros par nuit. Le bus 721 permet de se rendre de la marina à Palerme. Le lendemain une journée fatigante nous attend avec la visite de la ville, notamment la Cathédrale, la Chapelle Palatine, le Palais Royal, le vieux port, de plus nous sommes surpris par des manifestations de rue, le trafic des bus est dévié, nous devons retraverser toute la ville à pied pour reprendre notre bus 721 et rejoindre le bateau juste à temps pour récupérer notre linge que nous avions laissé hier à un commis sans même savoir où sa blanchisserie se trouvait …
Céfalu
Samedi 9 mai, toujours au moteur, nous atteignons le joli village de pêcheurs de Cefalu. Nous mouillons devant le village, par 3 mètres d’eau, avec une superbe vue, et d’un coup d’annexe allons visiter le village.
Mouillage à Vulcano
Mouillage à Vulcano, vu du volcan
Dimanche 10 mai, c’est encore le moteur qui nous emmène à Vulcano, une des Iles Eoliennes, distante de 50 MN. Sur le trajet, nous apercevons sur bâbord d’autres îles formant des cônes volcaniques parfaits. Le mouillage de Puerto di Ponente, au pied du volcan de Vulcano, est superbe. Le lendemain, nous montons au sommet du volcan, c’est une randonnée magnifique avec un panorama extraordinaire ; en plus des îles proches, nous apercevons au loin le sommet enneigé de l’Etna. Le tour du cratère du volcan se fait au milieu des fumerolles de soufre. Après nous être rassasiés de daurades dans un sympathique restaurant du village, nous regagnons le bateau d’où nous nous serions bien baignés dans l’eau à 22° s’il n’y avait autant de méduses … Par contre nous avons droit à un apéro musical : un de nos voisins de mouillage nous gratifie d’une sérénade à la clarinette ; superbe au coucher du soleil.
Le cratère de Vulcano
Les fumeroles
Mardi 12 mai, nous retournons à terre faire une promenade sur Vulcanello, petit volcan rattaché à Vulcano, dans la Vallée des Monstres aux formes étonnantes sculptées par la lave, puis nous appareillons pour l’île de Lipari, distante de 3 MN seulement. Nous nous amarrons à un des pontons flottants de Marina Lunga, près de celui de la pompe AGIP. Ces pontons sont perpendiculaires à la côte, sans aucune protection, et donc déconseillés dès qu’il y a un peu de houle. L’après-midi, nous nous promenons dans la ville de Lipari, visitons les superbes collections du Musée Eolien, la Cathédrale, le sympathique petit port de Marina Corta.
Ponton à Lipari
Panaréa
Mercredi 13 mai, encore une petite étape de 13 MN pour rejoindre l’île de Panarea ; à San Pietro, un ormeggiatori nous indique où nous amarrer, c’est assez spécial, il faut jeter l’ancre et reculer jusqu’à une sorte d’estacade où l’ormeggiatori nous attache à une balustrade et à un anneau bien rouillés. Comme l’estacade est très haute, on ne peut pas descendre à terre sans gonfler l’annexe, ce que nous faisons pour aller visiter l’île à pied. En fin d’après-midi un voilier de location vient se mettre sur ancre à côté de nous, mais le risque est trop grand que les mâts se touchent et il finit par lever l’ancre et s’amarrer le long de l’estacade, profitant de ce que les vedettes de promenade ont libéré la place.
Nous serions bien restés plus longtemps dans ces Iles Eoliennes très attachantes, mais la météo nous prévoit du mauvais temps, et nous quittons Panarea de bonne heure
Le Stomboli
Ce jeudi 14 mai pour rejoindre la côte italienne à Cetraro, une traversée de 67 MN. Sur la route, nous passons à côté du Stromboli et nous laissons dériver le long de la côte NW du volcan ; spectacle impressionnant que ces explosions permanentes, ces chutes de blocs dans la mer ; nous ne nous rendrons compte que plus tard que le bateau est recouvert de cendres noires. A 8 heures nous nous décidons à démarrer le moteur et à quitter se spectacle. Puis un vent de 10 – 15 nœuds de NW nous emmène à Cetraro. Nous étions passés ici à la descente, il y a un an, mais tout a bien changé, des pontons ont été installés là où on s’amarrait au quai ; il n’y a personne, nous prenons une pendille et nous installons, mais les garde-côtes nous font dégager : les pontons ne sont pas encore réceptionnés, on n’a pas le droit de les utiliser, il faut se mettre sur ancre, cul à quai, de l’autre côté du port ; comme le quai est très encombré et bien haut, il nous sera impossible de descendre à terre, et nous devrons faire appel à un promeneur matinal le lendemain pour nous libérer les amarres. Le port est encore gratuit mais plus pour longtemps.
Vendredi 15 mai, une étape de 31 MN au moteur nous mène à Maratea, nous appelons sur la VHF, les garde-côtes nous disent de nous mettre le long du quai, à une place gratuite (il nous faudra juste payer 10 Euros pour l’usage de l’électricité). La nuit est agitée, le coup de vent de NE prévu est arrivé. Christine a de fortes douleurs, accompagnées de boutons, au niveau de l’omoplate gauche ; les garde-côtes nous donnent le n° de téléphone d’un médecin qui vient à bord et diagnostique une inflammation de l’épaule (mauvais diagnostic). Un bus nous emmène au village de Maratea en hauteur, nous y trouvons une pharmacie et rentrons au bateau. Il pleut.
Dimanche 17 mai, nous nous arrêtons à Camerota après une courte étape de 16 MN, par temps couvert. Christine souffre beaucoup, nous nous rendons à un service de garde sur le port ; une chance, le médecin de garde est un dermatologue, il fait le bon diagnostic : herpès zoster en italien, zona en français. C’est dimanche, nous ne pourrons obtenir les antiviraux nécessaires que le lendemain.
Le port de Acciarolli
Le village de Acciarolli.
Mardi 19 mai, nous continuons notre remontée de la côte italienne jusqu’à Acciaroli, à 20 MN. Nous nous amarrons le long du môle, qui a été entièrement réaménagé, avec des bornes électriques pas encore raccordées ; ici aussi c’est gratuit, mais plus pour longtemps. Trois autres voiliers sont de passage dans ce port sympathique, dont des Suédois déjà vus à Marsala, à Vulcano et à Maratea. Le vieux village de pêcheurs est superbe.
Capri
Mercredi 20 mai, nous arrivons à Capri, 43 MN au moteur. C’est la semaine des régates Rolex, toutes les places sont prises dans la marina, mais nous pouvons quand même nous amarrer à l’extérieur du premier ponton, juste à l’entrée de la marina, aux premières loges pour profiter du trafic intense des ferries, aliscafi, vedettes et autres qui font la liaison avec le continent. Nous allons battre ici notre record : la place de port est à 110 Euros, pas mal pour le mois de mai. L’après-midi le funiculaire nous monte à la ville de Capri, sur la hauteur, d’où nous faisons une randonnée par de petites ruelles jusqu’à la villa Jovis de l’Empereur Tibère, avec vue superbe sur la baie de Naples, puis nous nous promenons dans le quartier des boutiques et hôtels de luxe avant de redescendre au port
Mouillage d’ Ischia
Jeudi 21 mai, enfin une (petite) étape à la voile jusqu’à l’île d’Ischia, où nous mouillons par 6 mètres d’eau devant le Castello d’Ischia, un très beau site. Nous prenons notre premier bain de la saison (24,5°). Un plongeur accompagné d’une barque est en train d’installer un champ de bouées, dont l’une est bien près de nous ; comme prévu, elle vient se bloquer dans le safran, je me mets à l’eau pour la libérer et nous reprenons de la chaîne pour nous écarter. La nuit sera agitée car un vent du Sud imprévu se lève, nous ne sommes pas à l’abri, à 4 heures nous sommes debout pour surveiller le mouillage.
Ce matin vendredi 22 mai, nous nous déplaçons au port d’Ischia, sur un ponton privé (70 € la nuit), où l’on nous fait amarrer à couple d’un voilier en attendant son départ, nous pouvons alors récupérer sa pendille. Nous refaisons à pied le chemin jusqu’au Castello.
Le lendemain nous prenons un bateau rapide pour Naples, et de là le train pour Ercolano (Herculanum), ville enfouie sous les boues volcaniques du Vésuve dont les ruines sont impressionnantes. Puis nous rentrons à Naples que nous visitons en combinant métro, bus, funiculaires et marche à pied, et ensuite nous reprenons le bateau pour Ischia via Margellina, la journée a été bien remplie.
Mouillage de Ponza
Ponza, vu du haut
Dimanche 24 mai, nous quittons Ischia pour Ponza, à 46 MN, encore au moteur, en passant à côté de l’île de Ventotene. C’est toujours un plaisir de mouiller dans le port de Ponza, la vue sur la ville est superbe et l’île est exceptionnelle, nous y resterons 3 nuits. Le lendemain, promenade et déjeuner en ville. Le surlendemain, nous nous déplaçons vers un mouillage à l’extérieur du port pour nous baigner, en passant par le ponton de la pompe AGIP pour faire le plein, puis retour à notre mouillage dans le port, d’où nous allons louer une voiture pour faire le tour de l’île ; c’est une Mehari, ça me rappelle ma jeunesse mais elle n’a pas très bien vieilli…
Le port de Ponza
Ostia
Mercredi 27 mai, nous profitons d’un vent d’Ouest de 10 – 15 nœuds pour naviguer à la voile jusqu’au Port Touristique de Rome, à Ostia. Cette marina récente s’étire tout en longueur le long du rivage, il vaut mieux sortir les vélos pour se déplacer. Nous y passerons 4 nuits, en profitant comme à la descente pour aller visiter Rome. Mais le 1er jour n’est pas propice, nous avons droit à un gros orage avec de la grêle. Le 2ème jour, nous prenons le train pour Rome, visitant notamment les Thermes de Caracalla, le Château Saint-Ange et la Basilique Saint-Pierre. Le 3ème jour, nous allons d’abord nous promener à vélo vers le Tibre, puis nous prenons le train pour Ostia Antica, site romain exceptionnel par son intérêt et son emplacement dans la campagne.
A noter le prix très raisonnable de cette marina : 30 € par nuit en mai, dommage seulement que nous ne puissions récupérer notre caution de 30 € du fait d’un départ matinal.Dimanche 31 mai, nous partons en effet à 5h45 pour Riva di Traiano, à 30 MN, près de Civitavecchia, car la météo annonce des orages pour l’après-midi. Le trajet se fait à la voile, avec un vent de SE forcissant à 18 nœuds et de gros nuages noirs menaçants, nous terminons plein vent arrière sous génois seul et sous la pluie. L’après-midi, au port, l’orage éclate et il pleuvra toute la nuit. Le lendemain ça ne s’arrange pas, pluie et 30 nœuds au port. Nous faisons tout de même un saut en bus à Civitavecchia. Le surlendemain, le ciel se dégage mais le vent souffle toujours, nous retournons à Civitavecchia. Aujourd’hui nous passons au tarif du mois de juin, 45 € au lieu de 30 €.
Giglio

Mercredi 3 juin, le temps s’est remis au beau, départ pour l’île de Giglio, 45 MN plus loin. Le vent est de face et la mer est jonchée de débris (troncs d’arbre, canisses, …) suite au coup de vent. Nous pensions faire un mouillage à Giglio, mais les baies sont fermées par des bouées « interdit au mouillage et à la navigation » et nous finissons par abandonner et nous diriger vers le port de Giglio. Nous appelons sur le canal 14, on nous donne un numéro de téléphone, mais nous n’arrivons pas à nous comprendre avec le correspondant qui ne parle qu’italien ; nous hésitons à jeter l’ancre à l’intérieur de la jetée Est, jusqu’à ce qu’un ormeggiatori arrive en barque et nous amarre en extrémité de ponton à couple d’une vedette à moteur. Finalement nous avons eu raison de venir ici, le port est très mignon et c’est gratuit.

Jeudi 4 juin c’est la traversée vers la Corse, 63 MN avec comme point d’atterrissage le port de Taverna et du vent de SE à 20 nœuds au début puis des calmes. Nous laissons l’île de Montecristo à bâbord et une « formiche » à tribord.

Vendredi 5 juin 
nous continuons sur Porto Vecchio, 49 MN au moteur en longeant la côte corse. Nous passerons 3 nuits ici. Le lendemain nous louerons une voiture pour visiter les environs ; en montagne le temps est très bouché et nous dissuade de faire une randonnée pédestre ; nous prenons la route de Zonza, nous arrêtons pour nous promener jusqu’à la cascade Piscia di Gallu, passons le col de Bavella et ses aiguilles, descendons sur Solenzara et longeons la côte avec arrêt baignade pour rejoindre Porto Vecchio. Le jour suivant, nous aurons droit à une manche spectaculaire d’un championnat de jet-ski.

Lundi 8 juin
, une petite étape de 14 MN nous mène à l’anse de Rondinara où nous jetons l’ancre. Nous assisterons ici à un spectacle étonnant ; un voilier de location allemand mouille trop près de nous et d’un autre voilier français ; sur nos insistances, il finit par se déplacer, pas de beaucoup ; un 2ème voilier allemand arrive un peu plus tard, il se met à couple avec le 1er, mais tête bêche, en ayant posé une ancre dans l’autre sens ; ils forment donc un bloc qui n’évite plus ; nous leur expliquons qu’ils ne peuvent faire cela, que nous allons les percuter lorsque le vent va tourner ; ils ne veulent pas comprendre, ou plutôt ils comptent sur ce qui va finir par se passer : nous levons l’ancre, ainsi d’ailleurs que l’autre français, et allons mouiller loin d’eux ; heureusement, car ce n’est pas fini : 4 autres voiliers allemands vont arriver, et se mettre tous à couple tête bêche, formant un « pack » de 6 voiliers immobiles au milieu de tous les autres qui évitent.
Le lendemain mardi 9 juin, nous pensions aller mouiller aux Lavezzi, mais le temps est peu engageant, il y a de gros nuages sur la Sardaigne et la météo n’est pas sympathique pour les jours à venir, nous décidons donc de poursuivre sur Bonifacio par la passe de la Piantarella entre la terre et Cavallo. Nous nous renseignons à la capitainerie sur l’arrivée de la flottille de l’APAC, qui aurait dû arriver à Bonifacio à peu près à cette date, mais ils ont été retardés par le mauvais temps et sont toujours à Ajaccio. Nous allons passer 4 nuits à Bonifacio, qui est toujours une escale agréable ; nos journées sont bien occupées avec la visite de la vieille ville, une randonnée jusqu’au sémaphore et au phare de Pertusato, avec vue sur le coup de vent dans les Bouches, promenade vers les calanques. Nous sympathisons avec nos voisins, Jean et Christiane, un couple qui a traversé plusieurs fois l’Atlantique Nord et Sud ; Jean, très bavard, nous raconte ses aventures devant un (ou plusieurs) ti-punch.

Samedi 13 juin,
 la météo permet enfin de naviguer. Nous tirons des bords de près pour remonter vers Ajaccio, mais le vent mollit, il faut nous résoudre à démarrer le moteur, et c’est dans les calmes que nous croisons toute la flotte de la « Route des Méharis ». A l’entrée du Golfe d’Ajaccio nous mouillons dans l’anse de Portigliolo, ou plutôt nous prenons une bouée, un plaisancier local nous disant que la place est libre. Plusieurs voiliers arriveront ensuite, certains mouillant par 15 mètres d’eau avec plus ou moins de succès. L’eau est maintenant à 25°, très agréable.

Dimanche 14 juin, il nous reste 36 MN pour arriver à Girolata, dont une partie sous spi, nous jetons l’ancre dans l’anse Tuara, par 8 mètres d’eau, nous y profiterons du beau temps pendant 3 jours, prenant l’annexe pour nous rendre à Girolata. Par contre une tentative de rejoindre Girolata à pied échouera du fait de la chaleur.

Mercredi 17 juin, en prévision de la traversée vers le continent, nous nous déplaçons et allons prendre une bouée à Girolata pour avoir des informations météo. Jean et Christiane, rencontrés à Bonifacio, passent nous voir, ils sont arrivés ce matin. Ils hésitent à traverser demain, ils pensent plutôt monter sur Calvi pour se mettre à l’abri du coup de vent annoncé pour après-demain. Quant à nous, notre choix est fait, nous partons demain à 5 heures, sur la base de la météo obtenue par internet plutôt que celle de la VHF.

Jeudi 18 juin, c’est en fait à 3h15 que nous quittons Girolata, car nous sommes réveillés et nous préférons arriver de bonne heure à Porquerolles, 116 MN plus loin. A 5 heures nous sommes sous voiles, marchant à plus de 6 nœuds par un vent de NE d’une dizaine de nœuds, qui mollit à 8h30 nous obligeant à continuer au moteur ; les voiles nous aident un peu quand même et nous permettent de tenir une moyenne de près de 7 nœuds, puis en fin de journée nous repassons à la voile lorsque le vent se lève du SW, d’abord à 10 nœuds, puis à 20 nœuds à l’approche du Cap des Mèdes. A 21h15 nous sommes au port de Porquerolles, qui a l’air bien plein ; nous finissons par trouver une place étroite dans laquelle nous nous faufilons en marche avant en écartant les voisins ; c’était vraiment la dernière.
Le lendemain, nous appelons Jean et Christiane au téléphone, surprise, ils sont arrivés à Porquerolles cette nuit à 4 heures du matin ; la météo prise par VHF le matin à Girolata les avaient convaincus de nous suivre, mais avec quelques heures de retard. Ils se sont d’abord mis au mouillage et arrivent maintenant au port en fin de matinée, profitant d’une place juste libérée, avant que le coup de vent n’arrive, ce qui ne tarde pas. Les voiliers au mouillage cherchent à s’abriter au port, mais il est complet.
Nous allons passer 6 nuits à Porquerolles, bloqués par le vent, d’abord d’Ouest, puis d’Est. Nous alternons les apéros chez les uns et les autres, et nous promenons à terre. Nous prenons aussi la navette de la Tour Fondue pour rendre visite à des amis qui habitent sur la presqu’île de Giens.

Mercredi 24 juin, c’est enfin le départ pour le Frioul, à 46 MN, et bien sûr on est passé de trop de vent à plus de vent du tout, puis à du vent dans le nez à l’approche de Marseille.
Nous nous amarrons sur bouée au quai de la capitainerie après avoir fait le plein de gasole à la pompe du chantier dans le fond du bassin à droite. Il nous reste le temps de nous promener sur l’île de Pomègues.

Jeudi 25 juin, dernière étape, de 85 MN, pour rejoindre le Cap d’Agde. Départ du Frioul à 6h. En arrivant dans les eaux du Rhône, la température de l’eau chute brusquement à 18°, et nous nous retrouvons en pleine purée de pois. Nous entendons la corne de brume inquiétante d’un cargo qui arrive du large dans le chenal d’accès à Fos, nous nous déroutons pour passer sur son arrière. Plus loin nous nous retrouvons face à un bateau de pêche qui remonte ses filets. Puis le brouillard se lève enfin, mais il faudra attendre 14 heures pour arrêter le moteur et profiter d’un vent de WSW qui montera progressivement jusqu’à 18 nœuds, ce bord de près nous amène à l’approche de Sète, où nous décidons d’affaler et de terminer au moteur le long de la côte, avec un vent de face de plus de 20 nœuds qui se décide à mollir à l’approche du Cap d’Agde ; nous nous y amarrons à 21 heures à notre place de port qui nous attend depuis que nous l’avons quittée le 23 avril l’année dernière.

En résumé, une superbe croisière, avec les Iles Eoliennes comme temps fort, et un rythme permettant de bien profiter des escales. Dommage seulement que le vent ait souvent été inexistant ou trop fort, mais c’est la Méditerranée …

Quelques chiffres :

1200 milles nautiques
160 heures moteur
61 jours de croisière 
29 jours de navigation effective

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